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Contrôle fiscal et cryptomonnaies : ce que le fisc vérifie sur vos plus-values

Longtemps discrètes, les cryptomonnaies sont désormais dans le viseur de l'administration fiscale. Entre l'échange automatique de données entre pays et l'obligation de déclarer ses comptes, le fisc dispose d'une vision de plus en plus précise de vos avoirs. Voici ce qu'il vérifie réellement sur vos plus-values.

L'essentiel. Les plus-values de cession de crypto-actifs réalisées par un particulier sont imposées au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, selon l'article 150 VH bis du CGI. Avec l'arrivée de la directive DAC8 et l'obligation de déclarer ses comptes crypto étrangers via le formulaire 3916-bis, le fisc détecte facilement les écarts. En cas d'omission, il notifie un redressement fiscal assorti de pénalités. La régularisation spontanée reste toujours possible.

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Ce que dit la loi sur vos plus-values crypto

Pour un particulier, les plus-values de cession d'actifs numériques relèvent de l'article 150 VH bis du CGI. Elles sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec une option possible pour le barème progressif.

Un point essentiel est souvent mal compris : l'impôt n'est dû qu'au moment d'une cession contre une monnaie ayant cours légal (un retrait en euros) ou d'un achat de biens ou de services. Les échanges de crypto à crypto bénéficient d'un sursis et ne sont pas imposables. Par ailleurs, si le total de vos cessions de l'année ne dépasse pas 305 €, la plus-value est exonérée. Attention toutefois : une activité d'achat-revente habituelle, ou le minage, relèvent d'un autre régime, celui des bénéfices non commerciaux.

Ordinateur portable affichant un portefeuille de cryptomonnaies à côté d'un formulaire fiscal

Le fisc voit désormais vos comptes

La grande nouveauté, c'est la transparence. Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 organise l'échange automatique d'informations entre les plateformes de crypto-actifs et les administrations fiscales. Concrètement, les données transmises par les prestataires alimentent directement le fisc, qui peut les recouper avec vos déclarations.

À cela s'ajoute une obligation déclarative propre : tout contribuable doit signaler ses comptes crypto étrangers, ouverts sur des plateformes hors de France, via le formulaire 3916-bis. L'oubli coûte cher, avec une amende de 750 € par compte non déclaré, portée à 1 500 € au-delà d'une certaine valeur. Enfin, les signalements de Tracfin et les outils de data mining de l'administration complètent ce dispositif de détection.

Comment se déroule le contrôle

Lorsqu'une incohérence est détectée, le contrôle fiscal crypto prend souvent la forme d'un examen de situation fiscale personnelle (ESFP). L'administration confronte alors votre train de vie et vos comptes bancaires à vos revenus déclarés, et procède à une reconstitution des flux, en analysant notamment les mouvements crypto-fiat, ces allers-retours entre cryptomonnaies et euros.

SituationConséquence
Plus-values non déclaréesRedressement fiscal, intérêts de retard et majoration de 40 % pour manquement délibéré
Activité non déclaréeQualification d'activité occulte, majoration de 80 %
Comptes étrangers non déclarésAmende par compte et délai de reprise allongé

Si l'activité est jugée professionnelle, c'est une vérification de comptabilité qui peut être engagée. Dans tous les cas, le contrôle se conclut, en cas de rectification, par une proposition de rectification détaillant les sommes réclamées. Le non-respect des obligations sur les comptes crypto étrangers allonge en outre le délai de reprise de l'administration.

Les revenus de staking, de lending, les airdrops ou les NFT relèvent, quant à eux, de régimes spécifiques et parfois incertains, qu'il convient d'analyser au cas par cas plutôt que de traiter comme de simples plus-values.

Portefeuille matériel de cryptomonnaies et jetons métalliques posés sur un bureau, lumière chaude

Régulariser et se défendre

Face à ce durcissement, l'anticipation est la meilleure stratégie. Plusieurs leviers existent :

  • procéder à une régularisation spontanée en déposant des déclarations rectificatives avant tout contrôle ;
  • invoquer le droit à l'erreur issu de la loi ESSOC 2018 pour le contribuable de bonne foi ;
  • reconstituer un historique de transactions fiable, exportable depuis les plateformes, pour établir le juste montant des plus-values de cession ;
  • contester la méthode de reconstitution des flux lorsqu'elle est approximative.

La technicité du sujet, entre droit fiscal et compréhension des mécanismes de la blockchain, justifie un accompagnement dès les premiers signes d'un contrôle.

"Beaucoup de détenteurs de crypto ont cru, à tort, que c'était un angle mort du fisc. Avec DAC8, c'est terminé : l'administration reçoit les données des plateformes. Ce que je dis à mes clients, c'est de ne pas attendre la proposition de rectification. Une régularisation spontanée, avec un historique de transactions propre, change tout sur le niveau des pénalités. Et sur les reconstitutions du fisc, il y a presque toujours à redire, parce que les flux crypto sont complexes à retracer."

Frédéric Naïm, avocat - Naïm & Associés

Pour aller plus loin, consultez nos articles sur la balance de trésorerie en ESFP, les garanties du contribuable vérifié et notre page contrôle fiscal. Le régime légal figure à l'article 150 VH bis du CGI.

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